Le verbe et le vivant

Partages, conseils et histoires autour de la communication animale et du lien humain-animal.

Lorsque les animaux nous invitent à un retour sur nous-mêmes.

Je suis appelée parfois pour une problématique de « comportement ». Une attitude
de l’animal qui est inhabituelle, ou habituelle mais impactante, pour ne pas dire
gênante ou agaçante. Nous avons le droit de le dire et de le ressentir. Ne nous
arrive-t-il pas de trouver que notre ami.e, enfant, parent, est agaçant ? Bien sûr que
si. C’est pareil avec nos compagnons.e.s.
Mais, parfois, dans ces problématiques, il advient que la communication animale a
ses limites, car demander simplement à l’animal « d’arrêter » ce comportement n’a
pas de sens pour lui. Peut-être parce qu’il souhaite nous montrer quelque chose de
nous-même, ou « en nous-même » ?
Je me souviens de ce chien qui gémissait beaucoup et que son humain ne
comprenait pas. Mais pourquoi est-ce qu’il gémit ? J’essaie de lui donner le
maximum pour qu’il ait une bonne vie. Oui, mais en communication, l’animal a
expliqué qu’il gémissait pour montrer à son humain qu’il pouvait (devait ?) pleurer,
parce qu’il n’avait pas traversé assez profondément un deuil. Je travaille sans
informations préalables sur l’animal, et ce chien m’a montré que le monsieur avait
perdu son père, et il me l’a confirmé. Je me souviens aussi de cette chienne qui
aboyait beaucoup, un peu sur « tout ce qui bougeait ». Elle avait vécu une
expérience stressante, mais, je crois aussi que son humaine (sans aucun jugement,
jamais), lui transmettait son stress d’anticipation de ses aboiements.
Ils et elles nous invitent parfois à nous « déplacer » intérieurement, à revoir nos
propres comportements, dans le cadre de la relation avec eux, dans le cadre de
notre communication inter-espèces. SI nous bougeons, si nous arrivons à regarder
en nous et à essayer d’évoluer, alors peut-être que certains comportements
« gênants » cesseront. C’est un peu pareil entre humains, non ?

Cécile Chastanet