Le verbe et le vivant
Partages, conseils et histoires autour de la communication animale et du lien humain-animal.
Remercier.
Dans nos vies, peut-être en Occident, ou ailleurs, peut-être avec des moyens ou
avec moins de moyens, peut-être dans un élan tourné vers « l’écologie » et la
planète, ou peut-être dans un élan tourné vers nous-mêmes, nous remercions.
Merci. Gratitude.
C’est un mouvement à la fois « tendance » et à la fois très sincère, réellement porté
par la voix du cœur.
J’en suis. Je remercie. La Vie, mes amie.i.s , ma famille, les animaux non humains
qui partagent ma vie, qui vivent avec moi, avec qui je vis.
Souvent, dans mon métier, dans ma pratique, les personnes me disent qu’elles
souhaitent remercier les animaux non-humains qui partagent leur vie. Elles me disent
que ces animaux les accompagnent, leur apprennent des choses sur elles-mêmes,
et/ou sur la vie, qu’ils « savent » des choses, ou qu’ils « voient » ce qu’elles, ces
personnes, ne voient pas
Cela me paraît tout-à-fait juste. Mais j’aimerais ajouter quelque chose.
Il existe, selon moi, une imprégnation, entre nous, animaux humains, et les animaux
non humains qui vivent avec nous. Je posterai peut-être un jour mes réflexions sur la
domestication, il y a tant à dire.
Je constate dans les séances que je fais avec les animaux et les humains qui les
accompagnent, qu’il y a beaucoup de culpabilité de la part de l’humain. C’est bien,
c’est sûrement juste, rapport à cette fameuse domestication et à la façon dont nous
« traitons » les animaux non humains.
Mais. Pouvons-nous changer de point de vue ? Nous déplacer, regarder, sentir et
agir différemment ?
Et si, avant la dominance et la domination, et même avant que le mot domestication
soit inventé, il existait, une RELATION. Une coopération, un accord tacite, un intérêt
partagé, un équilibre. Entre nous et les animaux non-humains. Et si, parmi nous,
aujourd’hui, ce deal restait respecté, par nombreux et nombreuses d’entre nous.
Alors nous pourrions considérer que nous aussi, animaux humains, nous leur
apprenons des choses, nous leur apportons des choses, nous les aimons et les
respectons dans leur « être-au-monde », et que nous nous efforçons de leur apporter
au maximum ce qui couvre leurs besoins vitaux, ayant intégré ce que l’humain à fait
de cette relation, la réduisant à sa portion congrue, la minorant et ayant mis l’humain
« au-dessus » de « l’animal ».
Alors, nous pourrions nous pardonner les excès, les abus et la maltraitance que
certain.e.s d’entre nous leur font subir. Nous pourrions les regarder, les considérer
comme des ami.e.s, comme des êtres différents que nous aimons, en respectant
leurs besoins, leurs émotions, leurs envies. Nous pourrions, dans cet espace de la
domestication que nous n’avons pas créé à titre personnel, trouver un espace pour la
relation. Le vivre-ensemble, du mieux possible. Du plus juste et du plus humble.
Et nous pourrions dire MERCI. GRATITUDE.
Il faut être deux pour vivre une relation. Même dans notre monde imparfait, où les
animaux non humains sont inconsidérés, et où nous ne nous plaçons peut-être pas à
notre juste place, nous pouvons trouver un espace où la relation existe.
Un espace où la relation est juste, sincère, et réciproque.
Et dans cet espace, nous pouvons dire MERCI, merci pour cette relation que nous
partageons, toi et moi. MERCI à l’univers (qui sait 😉 )
Cécile Chastanet